30 mars 2010

T'en veux du réel, je vais t'en donner...

Levée tôt pour préparer mes petites affaires, car aujourd´hui, il va falloir mobiliser pragmatisme et sens du réel à fond les manettes.

Après plus d´un mois de maileries et d´échanges un peu crétins, j´ai enfin obtenu qu´un de mes anciens employeurs me délivre le certificat de travail qu´il ne m´avait pas remis lorsque nous nous sommes quittés après six ans de bons et loyaux services, de précarité, de pression, de week-ends laborieux, d´absence de vacances et de vaches maigres.

C´est pour fuir cet univers riant que je m´étais précipitée tête baissée dans un boulot mal payé et hautement pathogène mais où un salaire identique et régulier tombait tous les mois, ça facilite la gestion du budget. 

Je précise que pendant ces six ans, soumise au statut intéressant de TAD (travailleur à domicile), c´est-à-dire à un contrat de travail qui ne comporte aucune obligation pour l´employeur de vous en donner, du travail, puisque le ou la TAD est payé à la tâche, comme les petites ouvrières qui s´usaient les yeux dans un galetas pour satisfaire de riches clientes (oui, je sais, ça fait Zola), pendant ces six ans, dis-je, je n´ai rencontré aucun médecin du travail.

Savez-vous bien que loyer, bifteck et épinards (sans parler du beurre qu´on aimerait parfois mettre dedans) ont eux un prix fixe, voire en légère augmentation (même si bon nombre d´experts qui doivent souvent faire leurs courses clament sur tous les tons que la vie est moins chère et qu´on a bien de la chance d´avoir une télé et une machine à laver, vu que dans les années 50, ben non) ?

Pour couronner donc ces six années de bagne à domicile, il m´a fallu pas moins d´un mois et demi et la menace pas du tout voilée de faire appel à l´inspection du travail pour récupérer enfin mon certificat de travail, que Pôle emploi me réclame à cors et à cris pour boucler mon dossier de demande d´ASS (l´allocation qu´on est censé toucher quand on est arrivé en fin de droits si on a suffisamment travaillé auparavant).

Mais dites-moi, dans quel secteur se passent ces choses-là ? Dans le milieu de l´édition, qui emploie un certain nombre de secrétaires d´édition et de correcteurs à domicile, à fond de galère.

Je reconnais que j´y gagnais une relative indépendance, même si j´ai parfois l´impression de ne pas avoir desserré les dents pendant quelques années, entre le speed du travail, la peur de ne pas en avoir et l´impression tenace d´avoir muté hamster façon cobaye.


Commentaires sur T'en veux du réel, je vais t'en donner...

Nouveau commentaire